Regard d'expert sur le patinage artistique

Comprennez toutes les subtilités et les caractéristiques du patinage grâce à Christophe Moucheboeuf, entraîneur de patinage artistique de haut-niveau.

1. Priorité à la souplesse !
En loisir, le patinage artistique est accessible à tout le monde mais pour atteindre un niveau de compétition, différentes choses entrent en compte et notamment la souplesse, indispensable au patineur pour réaliser des mouvements amples et gracieux.  

2. Une discipline proche de la danse
Une certaine qualité musicale est également exigée puisque, ne l'oublions pas, le patinage est un sport artistique. Il faut donc avoir des notions de danse et être capable de s'adapter à la musique.  

3. L'importance de l'endurance.
Du côté des qualités purement physiques, vous devez aussi être endurant. Le patinage est un sport très physique où l'effort se concentre sur une période 2'50 à 4'30. C'est très long et vous devez parfois enchaîner jusqu'à sept ou huit sauts quand il s'agit du programme libre. Cela nécessite donc d'avoir une condition physique hors du commun. Cette qualité est essentielle mais toute la difficulté réside dans sa gestion qui ne doit pas être visible. A la fin du programme, la patineur ne doit pas donner l'impression « d'être cuit » ou les spectateur set les juges vont s'en apercevoir. Il faut donc faire un travail d'endurance très en amont, une préparation de fond sur plusieurs mois.  

4. Ne jamais abandonner
Je pense qu'il est incontournable d'avoir un bon mental comme dans tous les sports de haut niveau. Les patineurs doivent être combattants, savoir où ils vont et se donner des objectifs: c'est tout simplement essentiel pour réussir. Surtout, ils ne doivent jamais baisser les bras. Quand vous avez sept éléments de sauts à réaliser et que vous loupez le premier, vous n'êtes pas dans des conditions optimales mais il faut savoir se ressaisir et passer à autre chose.  

5. Du programme technique au programme libre
Le patineur ne doit jamais oublier qu'il peut faire ses preuves sur deux programmes, appelés le programme technique et le programme libre. L'un permet souvent de rattraper l'autre donc rien n'est jamais perdu.
? Le programme technique : il est composé de trois sauts obligatoires, d'une combinaison, de deux sauts individuels à exécuter, de trois pirouettes différentes, d'une suite de pas pour les garçons ou d'une spirale arabesque pour les filles. La patineur est jugé de moitié sur la réalisation technique de ses éléments et de l'autre moitié sur un plan artistique.
? Le programme libre : basé lui aussi sur la technique et l'artistique, il impose un nombre maximal d'éléments à réaliser selon sa catégorie. Le score réalisé est additionné au programme technique et la somme des deux représente le classement final du patineur.  

6. Comprendre les notes de juges
On fait une moyenne de toutes les notes de juges en enlevant la note la plus basse et la note la plus élevée. Terminée donc la période où les juges présentaient leurs notes individuellement, ce qui laissait une place trop importante à leur partialité. Aujourd'hui encore, certaines personnes vous diront que la notation artistique est toujours très vague mais ce qui est sûr, c'est que nous ne sommes plus confrontés à des injustices comme cela pouvait être le cas avant. Mais notre sport n'est pas jugé par un chronomètre donc nous ne sommes jamais à l'abri d'une erreur de jugement ou d'une injustice mais dans l'ensemble, le patinage artistique est devenu très équitable.  

7. Pas si risqué que cela !
Dans notre discipline, les risques sont toujours mesurés parce qu'un patineur de haut niveau les a parfaitement intégrés. Bien sûr, nous ne sommes jamais à l'abri d'un accident mais ils restent rares. Je n'aime pas entendre que le patinage est un sport dangereux, la preuve les patineurs n'ont pas de casque ! Une patineuse qui se lance sur un triple saut et qui se manque peut transformer le triple en double, faire un faux départ mais il est rare qu'elle chute vraiment. La discipline la plus dangereuse reste peut être le patinage en couple puisque la patineuse peut manquer sa réception lors d'un lancé mais dans la majorité, la chute est plus impressionnante que grave.  

8. L'apprentissage de la chute
Un adulte débutant qui commence risque davantage de se faire mal qu'un enfant qui a pris des cours parce qu'on lui aura appris à tomber, à se rattraper. On commencera par lui apprendre à ne pas tomber sur les fesses mais vers l'avant pour pouvoir amortir le choc avec les mains. Ce sont des règles de bases qui sont inculquées dès les premiers cours.  

9. Un travail de longue haleine
Un bon patineur doit répéter des milliers de fois un mouvement, une combinaison, un exercice. Seul le travail lui permettra de maîtriser complètement son programme. Beaucoup de patience et d'abnégation sont nécessaires pour progresser et un grand impératif : être perfectionniste.  

10. Un état d'esprit sain
La patinage artistique est un sport individuel où chacun s'entraîne pour gagner. Cela n'empêche pas qu'en France, cette quête se fasse dans une atmosphère d'émulation et dans une bonne ambiance.  

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